Batailles municipales : Frédéric Cuvillier contre Frédéric Cuvillier

« On a tous une double personnalité, le vrai c’est l’autre », cette maxime de Nietzsche n’a jamais autant sied à Frédéric Cuvillier.

Comprenez que le principal adversaire qui fera tomber Frédéric Cuvillier lors des prochaines échéances municipales n’est autre que… Lui-même !

Explications :

D’un côté nous avons un ministre d’État, en charge des transports et des questions maritimes, dont l’intérêt principal est d’œuvrer pour l’économie de son pays.

De l’autre, nous avons Frédéric Cuvillier, conseiller municipal, candidat à la mairie de Boulogne-sur-Mer, ancien maire, dont l’intérêt est de promouvoir sa ville.

Sauf que Frédéric Cuvillier a tranché depuis longtemps :

C’est d’abord cette affaire du port du Havre[1] : ledit ministre Frédéric Cuvillier se rend dans ladite ville le 24 mai 2013 afin de souligner les enjeux majeurs du port. Notre ministre venait visiter le chantier d’un futur terminal multimodal qui sera mis en service au deuxième semestre 2014 et qui doit permettre au port du Havre de développer son offre de transfert de fret par voies ferrées et fluviales.

Au ministre Frédéric Cuvillier de conclure : « Le Havre, ce n’est pas n’importe quel port ! »

Mais alors, Boulogne-sur-Mer n’est pas un port ? On m’aurait menti ?

Et les promesses du maire Frédéric Cuvillier d’investir à Boulogne-sur-Mer ? On m’aurait menti (bis) ?

La réponse est que le ministre Frédéric Cuvillier ne pouvait refuser les offres d’investisseurs chinois ayant jetés leur dévolu sur le port normand[2]… Une petite piécette pour Boulogne-sur-Mer peut-être ? Que nenni ! De quoi clouer le bec au maire Frédéric Cuvillier… Car le maire à d’autres projets : ici, ça sera Russie et Plaza, que diable !

 

C’est ensuite le dossier Ifremer. Dernièrement, un collègue chercheur qui voulait des renseignements sur les espèces aquatiques poussa les portes dudit centre à Boulogne-sur-Mer. Et quelle ne fut pas sa surprise d’apprendre que la recherche maritime à Ifremer-Boulogne est morte est enterrée ! Un triste constat passé sous silence par le maire Frédéric Cuvillier…

La raison ? La voici : Jean-Marc Ayrault a décidé de centraliser tous les Ifremer du territoire à Brest avec des prérogatives administratives à Paris. Pourquoi ? Parce que le ministère de la pêche et ses interlocuteurs se trouvent là-bas…[3] Un centre de recherche maritime, fleuron d’un pôle universitaire à Boulogne-sur-« MER » ? Mais enfin ma bonne dame, quelle drôle d’idée !

Le ministre Frédéric Cuvillier aurait pu faire passer l’information au maire Frédéric Cuvillier, ce n’est pas gentil !

Le ministre Frédéric Cuvillier tire donc dans son propre camp : celui de ses amis boulonnais. Et il le sait que trop bien. Ainsi, dans ces municipales, il essaye de corriger le tir pour faire gagner la mairie à Frédéric Cuvillier.

Sauf qu’un électeur français n’oublie jamais quand on le fait cocu et il est déjà trop tard : la défaite de la liste de Frédéric Cuvillier s’annonce patente.

Jean-Louis Parmentier.

Cuvillier_avant-après



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Sur la faillite politique française et le desaveu des électeurs : l'urgence de bâtir une alternative !

Si nos responsables ont conscience de l'état de notre politique et se soucient du bien de nos citoyens, il est urgent d'agir et de bâtir une alternative politique défendue par Jean-Louis Borloo ! L'heure n'est plus aux débats, mais à l'action. Ne pas agir rapidement, c'est refuser de voir le danger extrêmiste et les désordres qui vont avec. En tant que futur maire, je tiens absolument à redorer les armes de la politique locale, car une ville appartient à ses habitants et les élus doivent aller à leur rencontre. Entre une Gauche locale à bout de souffle et une section UMP qui n'a pas les épaules, seul notre projet est crédible, humain, et réalisable !

 

Article de Serge Halimi, paru dans Le Monde Diplomatique, janvier 2014.

Impuissance politique en France : le temps des jacqueries

A première vue, le contraste est absolu. En Allemagne, les deux principales formations politiques, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et le Parti social-démocrate (SPD), viennent de se partager les ministères après s'être (courtoisement) affrontées devant le corps électoral. En France, droite et gauche s'invectivent au point de laisser imaginer que presque tout les oppose : le niveau de la fiscalité, la protection sociale, la politique de l'immigration.

Pourtant, alors que se précise pour l'Elysée la perspective d'un de ces matchs revanches dont les médias préparent déjà la mise en scène, MM. Nicolas Sarkozy et François Hollande pourraient s'inspirer de la franchise de Mme Angela Merkel et de M. Sigmar Gabriel. Et constituer ensemble un gouvernement qui, à quelques détails près, prolongerait les orientations générales prises depuis trente ans.

En 2006, dans un ouvrage opportunément intitulé Devoirs de vérité, M. Hollande avait déjà admis la convergence entre socialistes et droite libérale en matière de politique économique, financière, monétaire, commerciale, industrielle, européenne : « C'est, écrivait-il, François Mitterrand - avec Pierre Bérégovoy - qui a déréglementé l'économie française et l'a largement ouverte à toutes les formes de concurrence. C'est Jacques Delors qui a été, à Paris comme à Bruxelles, l'un des bâtisseurs de l'Europe monétaire avec les évolutions politiques qu'elle impliquait sur le plan des politiques macroéconomiques. C'est Lionel Jospin qui a engagé les regroupements industriels les plus innovants, quitte à ouvrir le capital d'entreprises publiques. Ce qui lui fut reproché. Cessons donc de revêtir des oripeaux idéologiques qui ne trompent personne (1). »

Huit ans plus tard, que dire de plus ? Or c'est précisément ce manque de prise sur les orientations essentielles du pays qui explique la désaffection des Français envers le bruit et la fureur de leur classe politique, alors que deux courants rivaux autant que complices monopolisent la représentation nationale. Car les socialistes et la droite ont beau détenir 92,2 % des sièges de l'Assemblée nationale et 89 % de ceux du Sénat, les décisions gouvernementales provoquent un rejet profond, sans que l'opposition parlementaire éveille le moindre espoir.

En apparence, peu importe : adossé à des institutions qui confèrent tous les pouvoirs au président de la République, y compris celui de reporter sine die l'application d'une disposition fiscale (l'écotaxe) votée par la quasi-totalité des parlementaires, le régime tient.

Mais les jacqueries se multiplient

Le discrédit des responsables politiques y contribue, alimenté par leur incapacité à proposer au pays quelque perspective que ce soit. La médiocrité assumée de leur ambition personnelle n'arrange rien, d'autant que la presse relaie et amplifie leurs cancans et chamailleries. Les « indiscrétions » venimeuses prêtées à M. Sarkozy quand il évoque ses « amis » politiques deviennent un filon journalistique encore plus lucratif que le concours de médisances socialistes contre le premier ministre Jean-Marc Ayrault. Pareil climat alimente un néopoujadisme qui s'épanouit de plus en plus en marge des formations traditionnelles sous la forme de bouffées intermittentes de colère et du bourdonnement incessant des réseaux sociaux (2). Patrons « pigeons », foule traditionaliste de la Manif pour tous, « bonnets rouges » bretons - le tout en moins de dix-huit mois !

La coupure entre élus et électeurs tient pour une part à l'américanisation de la vie politique française : les principaux partis ne sont plus que des machines électorales, des cartels de notables locaux sans autre sève militante qu'une population vieillissante (3). On conçoit que les nouveaux adhérents ne se bousculent pas au portillon, puisque les instruments d'une autre politique semblent avoir été remisés pour l'éternité. Protester contre l'enseignement du genre à l'école ou s'opposer à un péage routier ne change rien, ni aux ressources allouées à l'éducation nationale ni au montant de l'évasion fiscale, mais procure au moins l'occasion de se retrouver ensemble et la satisfaction de faire céder un ministre. Une semaine plus tard, l'amertume se réinstalle, tant il est patent que rien d'essentiel n'a changé, puisque rien d'essentiel ne dépend plus de quelque ministre que ce soit.

Ni d'ailleurs de l'Elysée. D'emblée, M. Hollande a en effet choisi de tenir le cap qu'il avait promis d'infléchir. En somme, l'enlisement plutôt que l'audace (4). Le reste relève par conséquent du théâtre ou, pour le dire autrement, des automatismes politiques. Sitôt que la gauche arrive au pouvoir, la droite l'accuse de saper l'identité nationale, d'accueillir tous les immigrés et d'estourbir le pays d'impôts. Et puis, lorsque la droite revient aux affaires, elle se récrie dès qu'on lui reproche de conforter les privilèges. Et rappelle à ses concurrents redevenus (presque) révolutionnaires qu'ils ont parfois eux-mêmes impulsé une politique plus libérale que la sienne : « Au fond, s'offusqua M. François Fillon, alors premier ministre, lors d'un débat l'opposant en février 2012 à la dirigeante socialiste Martine Aubry, je suis blessé quand j'entends dire que nous avons favorisé les riches. Quand vous étiez ministre [entre 1997 et 2000], le capital était imposé de dix points de moins qu'aujourd'hui. Quand vous étiez ministre, les impôts sur le revenu ont baissé. Nous taxons le capital, nous avons pris des décisions que vous n'avez jamais prises sur les stock-options, sur les bénéfices des traders, sur les retraites chapeaux. (...) En 2000, M. Fabius [alors ministre de l'économie] avait abaissé la fiscalité sur une partie des stock-options (5). »

Une presse de droite délirante

Dix ans plus tôt, M. Laurent Fabius reprochait à un ministre des affaires sociales nommé François Fillon de ne pas relever suffisamment le salaire minimum. Et ce dernier lui répliquait aussitôt : « En 1999, vous n'avez pas augmenté le smic. En 2000, vous n'avez pas augmenté le smic. Et, en 2001, vous avez apporté un coup de pouce au smic de 0,29 %. » Il n'y aura pas non plus de « coup de pouce » en janvier 2014... Mêmes acteurs, mêmes discours, même logique : pour prévoir, ayez bonne mémoire. A l'échéance du mandat de M. Hollande, le « monde de la finance » redeviendra sans doute le « véritable adversaire » des socialistes français. Mais aujourd'hui, et de l'aveu même d'un ministre, Bercy sert de tanière au lobby bancaire.

La droite serait cependant folle si elle concédait en ce moment que les socialistes ne font que reprendre les orientations de MM. Sarkozy et Fillon, elles-mêmes verrouillées par des traités européens que les uns et les autres ont négociés et signés. Par conséquent, depuis dix-huit mois, la France a peur, les prisons se vident, les immigrés prolifèrent, les riches s'enfuient. En lisant Le Figaro, vous apprendrez que M. Hollande a provoqué le « plus grand exode de forces vives depuis l'abolition de l'édit de Nantes par Louis XIV » (27 novembre 2012). Vous découvrirez aussi que « le gouvernement Ayrault a décidé d'ouvrir grand la porte de l'assistanat à des gamins » afin de les « "formater" de manière à ce qu'ils attendent tout de l'Etat et qu'ils soient, ad vitam aeternam, des assistés » (9 octobre 2013). Vous saurez enfin que, « comme les bons élèves, qui sont souvent la cible des railleries de leurs petits camarades, l'homme blanc et hétérosexuel pourrait bientôt être obligé dans notre pays de se cacher » (éditorial du 13 décembre 2013). Halte au feu !

Plongée dans ce bain-marie, la fraction la plus éruptive de la droite se reproche amèrement son absence de poigne quand elle tenait la barre du pouvoir. Et jure de redresser le cap sitôt qu'elle la reprendra. Là encore, le scénario est connu, puisque c'est celui des années 1983-1986, lesquelles virent la percée du Front national. A l'époque, le virage néolibéral des socialistes accabla une partie de leur électorat populaire; interprétant ce virage comme l'aveu qu'une politique de gauche avait précipité le pays dans l'abîme, la droite exigea une embardée vers la société de marché; les socialistes fustigèrent alors la radicalisation de leurs adversaires et, faute de pouvoir défendre leur (maigre) bilan économique et social, popularisèrent le thème « Au secours, la droite revient ! ». Les propos xénophobes de quelques caciques conservateurs, le hourvari que déchaînèrent leurs tentations d'alliances avec l'extrême droite firent le reste en saturant l'espace public. Pendant ce temps - mais plus discrètement -, les entreprises délocalisaient et les inégalités se creusaient.

Demain, la thérapie de choc... Dans un entretien aux Echos, M. Jean-François Copé, président de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), a annoncé le programme de son parti : « La suppression des trente-cinq heures, une baisse massive des impôts adossée à une baisse des dépenses publiques. (...) Personne ne peut comprendre que le régime des intermittents continue de coûter 1 milliard ! A-t-on besoin d'autant de chaînes de télévision publiques ? Autre exemple : nous sommes, avec l'aide médicale d'Etat, le seul pays en Europe qui continue de couvrir à 100 % les frais médicaux des clandestins. (...) La dépense publique représente aujourd'hui 57 % du PIB [produit intérieur brut]. Il faudrait revenir à la moyenne de la zone euro, autour de 50 % du PIB. (...) Cela représente une économie de 130 milliards, à réaliser sur plusieurs années (6). » M. Copé chercherait-il à faire passer la politique des socialistes pour une politique de gauche ?

M. Ayrault ne lui facilite pas la tâche, puisqu'il vient de promettre que l'intégralité du mandat présidentiel serait marquée par l'austérité : « Nous allons réaliser 15 milliards d'économies en 2014, mais il faudra continuer au même rythme en 2015, en 2016, en 2017 (7). » Les dépenses publiques avaient augmenté en moyenne de 1,6 % par an pendant le quinquennat de M. Sarkozy. Les socialistes se sont fixé comme objectif de limiter leur croissance à... 0,2 % pendant les trois prochaines années. Peuvent-ils faire autrement quand les autorités européennes de tutelle de la France ne manquent jamais de lui rappeler que « le redressement des comptes publics ne peut plus reposer sur la hausse des impôts (8) » ?

Le tableau n'est pas plus reluisant sur le front de la production et de l'emploi. Le gouvernement prétend rétablir la santé et la compétitivité extérieure des entreprises nationales sur un marché libre et non faussé. Comment ? D'une part, en favorisant « une politique volontariste pour alléger le coût du travail » (M. Hollande). D'autre part, en imposant à l'ensemble de la population un relèvement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) destiné à financer un crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) aussi fastueux (20 milliards d'euros) que généreusement distribué à toutes les entreprises, sans contrepartie d'embauches. En somme, des salariés moins payés et plus imposés aideront leurs employeurs. Y compris les géants de la distribution, qui n'affrontent aucune concurrence internationale et qui ploient sous les profits (9).

S'il devient vraiment inutile de reprocher à cette politique son caractère peu socialiste, on peut au moins souligner qu'elle ne réalise pas les objectifs qu'elle s'est fixés. Faute de pouvoir dévaluer sa monnaie, la France cherche à améliorer sa compétitivité grâce à une politique d'austérité budgétaire et de réduction du « coût du travail » - c'est-à-dire des salaires (10). Mais l'« amélioration de l'offre », péniblement acquise en pesant ainsi sur le pouvoir d'achat des ménages, est aussitôt reperdue à cause de la réévaluation de l'euro par rapport à l'ensemble des autres monnaies (6,4 % en 2013). De toute façon, il faut avoir la foi chevillée au corps pour imaginer qu'un pays dont la croissance est nulle, la demande intérieure déprimée, plusieurs des principaux clients européens en voie de paupérisation, pourrait « inverser durablement la courbe du chômage » alors même qu'il taille dans ses dépenses publiques. Un pari de ce genre a déjà été tenté au début des années 1930 par Herbert Hoover aux Etats-Unis, Pierre Laval en France - avec le succès que chacun sait.

Quand, à partir de 1983, la gauche a rendu les armes sur les questions économiques et rompu le lien avec son histoire révolutionnaire, elle a tenté d'y substituer une utopie européenne, universaliste et antiraciste, un mélange d'Erasmus et de « Touche pas à mon pote » décliné par une camarilla d'artistes et de journalistes. A présent, ces leviers sont cassés; ils sentiraient le procédé. Avec M. Hollande, au moins, aucun maquillage, aucune espérance, rien d'autre qu'un discours de comptable tiraillé entre les attentes de son électorat qui a cru - une dernière fois ? - qu'avec les socialistes « le changement, c'est maintenant » et les exigences de ses cerbères financiers, qu'il doit sans cesse convaincre qu'il mène « une politique crédible », car « tout signe de défaillance serait sanctionné » (11). Mais quand le seul progrès escompté consiste à dépenser moins que la droite, la gauche est morte.

Le Front national s'engouffre dans cette panne d'espoir. Nul n'attend de lui qu'il améliore un état des choses qu'il se propose de dynamiter. Mais son extériorité revendiquée au système, son volontarisme, le caractère radical de ses propositions, rendent son offre politique attirante. Y compris sur les questions européennes. Ce n'est donc pas par hasard qu'un ancien ministre de droite et vice-président de l'UMP, connu pour son ambition et son souci de la mise en scène, a pris à son tour des libertés avec le consensus de Bruxelles. Et proposé de ramener l'Europe utile à un « noyau dur » de huit membres « qui incorpore la France, l'Allemagne, les pays du Benelux, l'Italie, sans doute l'Espagne et le Portugal, mais pas tellement plus ». « Avec le Royaume-Uni d'un côté, les pays d'Europe centrale de l'autre, précisa même M. Laurent Wauquiez, on n'arrive plus à faire avancer l'Europe. (...) Il y a trop de pays différents avec des règles sociales différentes (12). » Or la même remarque vaudrait pour l'euro, camisole uniforme d'économies hétéroclites.

« Combattre ou trahir »

Si la question de la monnaie unique divise la gauche anticapitaliste (13), elle ne fait pas l'objet d'un réel débat chez les socialistes. Pourtant, y compris dans leurs rangs, perce parfois le désir de retrouver une porte de sortie, une souveraineté, une espérance. Peu avant de devenir ministre, M. Benoît Hamon résumait ainsi le « dilemme de la gauche : combattre ou trahir (14) ». Son gouvernement ne combat pas.

Et c'est précisément ce qu'on peut lui reprocher, davantage encore que son absence de réussite. Car une équipe plus pugnace eût affronté d'énormes difficultés : une Europe dans laquelle les forces progressistes sont faibles, découragées, et les normes libérales et monétaristes toujours plus contraignantes; un mouvement social qui parvient d'autant moins à sortir des limbes qu'aucune force politique influente ne l'y encourage; un taux de syndicalisation abyssal (7,6 % en France); des socialistes européens qui gouvernent tantôt à droite, tantôt avec la droite dans plus de la moitié des pays de l'Union. Il n'empêche : désormais, escompter que les milieux dirigeants des autres pays se ravisent et mesurent les risques économiques et démocratiques du cours « austéritaire » qu'ils ont imposé revient à attendre le Messie. Et scruter tous les « dérapages » des forces conservatrices afin de pouvoir les accuser de « faire le jeu de l'extrême droite » équivaut à accepter que cette dernière devienne peu à peu maîtresse du jeu.

Dans ces moments où le fatalisme et l'attente d'une inversion des courants dominants retardent le travail de la reconquête intellectuelle (15) et celui de la mobilisation politique, il n'est en définitive d'autre recours que la construction d'une coalition sociale confiante et conquérante. Enhardie en dépit de tout, parce que, comme l'a rappelé Glenn Greenwald, qui prit le risque de publier les révélations de M. Edward Snowden sur l'espionnage américain, l'histoire montre que « le courage est contagieux ».

Note(s) :

(1) François Hollande, Devoirs de vérité, Stock, Paris, 2006, p. 192.

(2) Cf. Cécile Cornudet, « Ces politiques qui veulent faire oublier qu'ils le sont », Les Echos, Paris, 10 décembre 2013. Lire aussi Razmig Keucheyan et Pierre Rimbert, « Le carnaval de l'investigation », Le Monde diplomatique, mai 2013.

(3) Lire Rémi Lefebvre, « Faire de la politique ou vivre de la politique ? », Le Monde diplomatique, octobre 2009.

(4) Lire « L'audace ou l'enlisement », Le Monde diplomatique, avril 2012.

(5) « Des paroles et des actes », France 2, 2 février 2012.

(6) Les Echos, Paris, 10 décembre 2013.

(7) Entretien aux Echos, 19 novembre 2013.

(8) Entretien de M. Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE), au Journal du dimanche, Paris, 15 décembre 2013.

(9) Lire Martine Bulard, « Social-défaitisme à la française », Le Monde diplomatique, avril 2013.

(10) Lire Christine Jakse, « Vous avez dit "baisser les charges" ? », Le Monde diplomatique, novembre 2012. Le 17 décembre 2013, interrogé par RMC-BFM sur la décision gouvernementale de ne pas réévaluer le salaire minimum, M. Benoît Hamon, ministre délégué de l'économie sociale et solidaire et de la consommation, a expliqué : « Pour favoriser l'emploi, il faut faire en sorte que le coût du travail ne pèse pas trop sur la compétitivité des entreprises. »

(11) Entretien de M. Pierre Moscovici, ministre de l'économie et des finances, au Journal du dimanche, 19 août 2012.

(12) BFM-RMC, 3 décembre 2013.

(13) Lire Frédéric Lordon, « Sortir de l'euro ? », Le Monde diplomatique, août 2013.

(14) Benoît Hamon, Tourner la page. Reprenons la marche du progrès social, Flammarion, Paris, 2011, p. 23.

(15) Lire « Stratégie pour une reconquête », Le Monde diplomatique, septembre 2013.

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Sur la Gauche et l'état de notre politique locale en France : un article à lire impérativement !

Avec mon équipe nous en avons déjà tiré le triste constat dans notre ville... Il est urgent de redonner la parole aux citoyens, loin des envies carrièrristes, en mettant en place des comités de quartier. La politique c'est VOUS !

Article de Fabien Desage et David Guéranguer, paru dans Le Monde diplomatique, janvier 2014.

Une action municipale capturée par les technocrates : Rendez-vous manqué de la Gauche et de la politique locale

La commune, cellule de base de la démocratie. Qui n'a pas entendu ou repris à son compte cette idée aujourd'hui largement admise ? Les chiffres semblent parler d'eux-mêmes : le nombre d'élus municipaux oscille autour d'un demi-million, soit 99 % des élus en France. Issus des trente-six mille six cent quatre-vingts communes du pays - plus que celles du Royaume-Uni, de l'Allemagne et de l'Italie réunis -, ils assureraient un travail de représentation politique « au plus près des citoyens ». Pour s'en convaincre, il suffit d'évoquer l'attachement des Français à l'institution municipale, sans cesse réaffirmé au gré des sondages. Si les arguments ne sont pas nouveaux, ils ont été consacrés par les nombreuses lois de décentralisation adoptées depuis trente ans, le plus souvent sans débat politique.

Dernière en date, la loi sur la modernisation de l'action publique territoriale et l'affirmation des métropoles (1), examinée en deuxième lecture à l'Assemblée nationale en décembre, ne fait pas exception à la règle : elle est passée presque inaperçue. Destinée à « aménager », « rationaliser » et « moderniser » l'action publique locale, elle poursuit l'oeuvre entreprise par les lois-cadres de 1982 et 1985, puis approfondie par la mise en place de l'intercommunalité à partir de 1992 (lire « Une révolution silencieuse ») et par la réforme des collectivités territoriales en 2010.

La décentralisation semble ainsi largement insensible aux alternances politiques. Quel parti s'opposerait à la nécessité de « rapprocher la décision du citoyen » ? Qui contesterait aux élus locaux - et en premier lieu aux maires - la défense d'une citoyenneté et d'un « lien démocratique » mis à mal au niveau national ? Cet unanimisme assourdissant connaît toutefois une exception : le Front national (FN), qui a beau jeu de monopoliser la critique de la décentralisation en dénonçant la « gabegie » financière, le renforcement des « baronnies » et des « féodalités » locales, ou encore l'« éclatement » du cadre national (2). La critique est d'autant plus confortable que le parti, qui ne comptait que soixante-dix élus après les élections municipales de 2008 (3), est faiblement implanté dans les exécutifs locaux.

Qui n'a pas son tramway ou son écoquartier ?

Pourquoi les principales formations de gauche, dont le Parti communiste français (PCF), Europe Ecologie - Les Verts (EELV) et le Parti socialiste (PS), ont-elles déserté le champ de la critique, l'abandonnant à l'extrême droite ? Comment se sont-elles converties à ce qui s'est avéré une conception du local globalement dépolitisée, centrée sur la défense des « territoires » ? Répondre à ces questions oblige à esquisser une histoire aux allures d'« étrange défaite ».

Cette histoire renvoie d'abord à un mouvement de professionnalisation du métier politique (4) qui a largement bénéficié des débouchés offerts localement. Ainsi, les carrières électives associent de manière toujours plus étroite mandats locaux et mandats nationaux. Les premiers permettent non seulement d'accéder aux seconds, mais aussi de limiter la portée des défaites nationales. Que seraient devenus Mme Martine Aubry ou M. Alain Juppé après leur échec aux élections législatives de 2007 sans leurs mandats respectifs de maire de Lille et de Bordeaux ? Rappelons également que des personnalités politiques aussi « centrales » qu'un Raymond Marcellin (dernier ministre de l'intérieur du général de Gaulle) ou, plus près de nous, un François Fillon, un Jean-Marc Ayrault ou une Marylise Lebranchu (actuelle ministre de la réforme de l'Etat, de la décentralisation et de la fonction publique) sont avant tout des élus locaux. L'image - pourtant canonique - d'un Etat jacobin sied bien mal à ce que sont devenues les élites de la Ve République.

Toute réforme des institutions locales est ainsi déterminée par ces carrières politiques qui offrent la possibilité de cumuler et d'enchaîner les mandats locaux et nationaux. Non parce qu'un hypothétique réformisme gouvernemental achopperait face au conservatisme des élus locaux, mais plutôt parce que leurs intérêts corporatifs sont représentés au coeur de l'appareil gouvernemental et intégrés toujours plus précocement dans le processus législatif. Ces élus peuvent ainsi neutraliser les dispositions qu'ils jugent les plus menaçantes, comme le regroupement des communes sans leur consentement ou la création d'une circonscription électorale intercommunale. Cette neutralisation s'opère bien évidemment au Sénat, mais aussi, en marge du débat parlementaire, grâce au lobby très actif des associations d'élus locaux, à commencer par la puissante Association des maires de France, qui, au-delà des étiquettes partisanes, veille depuis près d'un siècle sur leurs intérêts. La régularité avec laquelle les présidents de la République et les premiers ministres se rendent à son congrès annuel permet de mesurer son influence.

Dans ces conditions, l'issue des réformes de décentralisation se joue moins dans les rapports de forces entre formations partisanes que dans les compromis entre les intérêts catégoriels des professionnels de la politique. Ainsi, lorsque le socialiste Jean-Pierre Bel, président du Sénat depuis 2011, organise en 2012 des Etats généraux de la démocratie territoriale - ouverts par le président de la République lui-même -, deux propositions sont mises en avant à l'issue des « débats » : la simplification administrative et le renforcement du statut de l'élu...

La gestion locale elle-même n'est pas épargnée par la dépolitisation partisane. Comment ne pas constater la similitude des programmes d'action publique dans de nombreuses villes, indépendamment de la majorité au pouvoir ? Quelle agglomération n'a pas - ou ne veut pas - son tramway, son centre de congrès, son grand stade de football ou son écoquartier ? Laquelle des métropoles françaises n'entend pas attirer les classes moyennes supérieures ou les classes créatives, axer son développement sur l'économie de la connaissance ou encore devenir capitale européenne de la culture ? Hier, les divers domaines d'action pouvaient constituer des bannières idéologiques : la sécurité et l'aide aux entreprises d'un côté; l'élargissement de l'offre culturelle et la « participation des habitants » de l'autre. Aujourd'hui, ils sont banalisés et revendiqués par tous. Ainsi, après avoir fait ses armes dans des communes dirigées par la droite (Avignon, Nice, Orléans) et par le PS (Dijon, Lyon, Strasbourg), la vidéosurveillance a gagné des villes communistes comme Saint-Ouen.

A l'abri des regards

Et pourtant, la standardisation des politiques locales n'a pas toujours été la règle. Pour mémoire, on peut mentionner les époques, pendant l'entre-deux-guerres et jusqu'aux « trente glorieuses », du socialisme puis du communisme municipal, qui furent à l'origine de politiques audacieuses en matière de santé, de logement, d'action culturelle, d'assistance aux chômeurs, de constitution de caisses de grève, etc. La construction de cités-jardins à Suresnes, à Châtenay-Malabry ou à Villeurbanne entendait par exemple répondre à la crise du logement dans les banlieues populaires. De même, à Roubaix, les mesures visant à améliorer la vie quotidienne ouvrière par la construction d'écoles, de services d'hygiène et de santé, ainsi que d'un sanatorium, d'une piscine et de bains municipaux, apparaissaient comme des enjeux centraux de la concurrence entre les élites socialistes et les représentants patronaux. On se souviendra également de la décennie 1970 et de la stratégie du nouveau Parti socialiste, qui fit des communes un tremplin pour accéder ensuite aux responsabilités nationales.

Comment expliquer dès lors que des élus de la gauche s'accommodent de l'uniformisation relative des politiques municipales ? La réponse implique, sans ordre de préférence, la sélection sociale croissante des élites locales de gauche, de moins en moins issues des classes populaires (lire « Cent dix-sept fois plus de cadres que d'ouvriers »); la professionnalisation de l'action publique municipale et sa prétendue technicisation; l'intensification des échanges entre institutions, permettant la circulation des fameuses « bonnes pratiques »; le poids de certaines contraintes financières acceptées au nom du pragmatisme; l'affaiblissement des structures de contrôle externe des élus locaux, parmi lesquelles les partis politiques. On voudrait également développer ici une autre hypothèse, moins souvent étudiée : celle du développement d'espaces politiques fermés où prévalent l'entre-soi, le petit nombre et le huis clos, plutôt que l'assemblée, l'hétérogénéité, la publicité, le débat.

La multiplication et le renforcement, ces vingt dernières années, des structures de coopération intercommunale ont joué un rôle majeur dans la dépolitisation du local. Le mode de scrutin de ces instances, dont les élus sont désignés par les conseils municipaux, concentre en général les critiques. Cependant, l'opacité qui y règne est loin de se réduire à cette question et repose, plus fondamentalement, sur le monopole accordé aux maires : aucune décision, en particulier si elle concerne leur commune, ne saurait être prise sans leur accord. Pour être en mesure d'exercer un contrôle, ils préemptent les postes d'un exécutif intercommunal qui prend souvent une allure d'armée mexicaine. Des maires de toutes les formations politiques - de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) au PCF - y siègent les uns à côté des autres, avec des délégations aux intitulés parfois farfelus : « relation avec le contrôle départemental de gestion », « préemptions, cessions gratuites », « capture et garde des animaux errants, gestion du refuge communautaire »... Et, si le nombre de vice-présidents n'y suffit pas, il existe une pléthore d'instances (commissions, conférences des maires, bureau, bureau restreint) qui permettent aux maires de faire valoir l'intérêt de leur commune à l'abri des regards extérieurs. Dans ces lieux, où il faut satisfaire les intérêts divergents, la recherche du compromis prime sur l'expression des clivages partisans ou idéologiques, aboutissant à une gestion le plus souvent technique.

Le développement de l'intercommunalité apparaît aujourd'hui comme le corollaire - ou le revers, selon le point de vue - de la décentralisation : dans chaque réforme (5), elle fait l'objet de dispositions spécifiques. L'actuel projet du gouvernement Ayrault instaure les « métropoles », tandis qu'un futur volet doit encore être consacré à l'intercommunalité. Mais à côté de ces métropoles, que penser de l'invention des conférences territoriales d'action publique, petits conclaves d'élus de tous niveaux censés régler entre eux les détails pratiques de la mise en oeuvre de la future loi au niveau régional ? Et comment considérer le Haut Conseil des territoires ? Présidé par le premier ministre, composé d'élus locaux (présidents d'exécutifs) et de parlementaires, il serait chargé de la concertation entre l'Etat et les collectivités locales, alors même qu'il existe déjà une institution dévolue à cette fonction, et dont les travaux sont publics : le Sénat.

Au-delà des grands projets

Si elles voient le jour, ces structures viendront s'ajouter à une kyrielle d'autres, qui participent du même processus d'évidement démocratique : les établissements publics en tout genre, les syndicats mixtes, les sociétés d'économie mixte, les sociétés publiques locales... Ces organisations satellites assument des pans croissants de l'action publique (dans le domaine des transports, des déchets, de l'aménagement), mais échappent au contrôle démocratique.

Loin de constituer une anomalie ou un cas isolé, l'intercommunalité est emblématique de cette prolifération d'institutions où s'élabore l'action publique, dans un rapport distant aux lieux de délibération démocratique. Des institutions qui, d'un côté, procurent de nombreux avantages à ceux qui les investissent : les indemnités de présence, les remboursements de frais et autres avantages matériels ou symboliques, mais aussi le confort de l'entre-soi et d'une décision à huis clos, sans les habitants ni les militants. De l'autre, les assemblées élues et délibérantes des collectivités locales (conseils municipaux, généraux et régionaux) se trouvent condamnées à entériner la plupart des décisions, réduites à un rôle de chambre d'enregistrement où se tiennent des débats de façade.

L'observation des conseils communautaires en livre la triste illustration. Leur durée, l'heure tardive à laquelle ils se terminent, l'enchaînement de délibérations sans enjeux font naître un sentiment de lassitude : à mesure que l'heure avance, les rangs sont plus clairsemés, les signes d'impatience plus nombreux; l'attention se relâche et les apartés se multiplient, dans une ambiance de plus en plus goguenarde et dissipée. Les partis politiques de gauche accusent particulièrement le coût de ce fonctionnement : faute d'information, leurs militants se retrouvent privés des moyens d'interpeller leurs représentants; faute de perspectives offertes aux simples conseillers, la crise des vocations militantes se trouve aggravée et le renouvellement des élites politiques compromis.

Ces dommages démocratiques collatéraux seraient, entend-on, compensés par la « réactivité », la « souplesse », l'« efficacité » qu'apportent à l'action publique ces structures locales, notamment intercommunales. En fournissant des moyens (humains, fiscaux, financiers) supplémentaires, elles permettraient de mener des politiques mieux ajustées aux besoins de la population et, surtout, du territoire - ainsi unifié et fantasmé. Le regroupement des communes procède de cette logique fonctionnelle : il s'agit de faire (ou de faire mieux) à plusieurs ce qu'on ne pourrait faire (ou ne faire que mal) seul. Et puis, la longue liste des réalisations portées au crédit des collectivités territoriales et de leurs satellites n'en apporte-t-elle pas la preuve éclatante ? Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les collectivités locales ont assuré en 2012 plus de 70 % de l'investissement public.

Le débat mérite pourtant d'être instruit autant à l'aune de ce que les institutions locales font que de ce qu'elles ne font pas. A ce titre, les structures intercommunales affichent un bilan très mitigé. Elles ont certes connu ces dix dernières années une croissance numérique et une extension de leurs prérogatives formelles, au point qu'aucun domaine ou presque ne semble désormais leur échapper, du développement économique aux équipements culturels ou sportifs en passant par les politiques de l'habitat. Ces nouvelles compétences s'ajoutent à des compétences historiques, par exemple en matière de gestion des réseaux (transport, eau, assainissement, voirie) et d'urbanisme.

Les réalisations visibles, parfois très symboliques (le Grand Stade de Lille, le réaménagement piéton du Vieux-Port à Marseille, le Carrousel des mondes marins à Nantes, la construction du tramway à Montpellier), tendent à faire oublier que d'autres compétences peinent à se manifester, en particulier celles qui portent à la polémique : la fixation des priorités en matière d'aménagement et de développement du territoire (document de planification, fiscalité locale...), les politiques en faveur des populations les plus fragiles (logement social, aires d'accueil des gens du voyage...). Or cette absence de politiques locales redistributives s'explique largement par les règles de fonctionnement collégiales et prétendument non partisanes qui prévalent dans ces structures. Loin d'avoir été affaiblis par l'intercommunalité, comme on l'entend souvent, les maires y jouissent d'un droit de veto et d'un pouvoir accru. Ce renforcement de leur rôle personnel, de leur statut d'intercesseur obligé des intérêts communaux, s'est fait au détriment de la politisation de ces instances.

Avant d'y succomber, plusieurs élus de gauche ont tenté de subvertir le régime de cogestion partisane des intercommunalités. L'évolution de la position des élus communistes depuis les années 1970 est emblématique de ce renoncement. D'abord critiques sur le « déficit démocratique » de ces structures, sur leur propension à techniciser les enjeux, à imposer les décisions aux citoyens, les élus du PCF s'en accommodent progressivement. Dans les conseils communautaires, leurs prises de position se confondent de plus en plus souvent avec celles des autres élus. Au point qu'au début des années 2000 certains communistes en position de responsabilité intercommunale apparaissent en pointe dans le soutien à des partenariats public-privé. C'est le cas, par exemple, pour la construction du Grand Stade par Eiffage à Lille, portée et soutenue par une vice-présidente communiste chargée des grands équipements sportifs, ou pour la défense du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Dans les deux cas, contre l'avis des militants des organisations locales...

La décentralisation n'est pas démocratique au motif qu'elle rapprocherait mécaniquement la décision du citoyen ou qu'elle favoriserait la proximité. Le maire, les élus locaux ne sont pas naturellement les derniers remparts face à la crise de la démocratie représentative. La « démocratie d'élus locaux » née de la décentralisation a subordonné les politiques locales à des enjeux territoriaux plutôt que sociaux, consensuels plutôt que contradictoires, négociés plutôt que délibérés. Des espaces et des dispositifs démocratiques existent et se développent déjà (démocratie directe, référendum révocatoire, non-reconductibilité...), mais d'autres restent à inventer pour faire vivre les oppositions et les débats. Ce que nous aimerions appeler, en nous inspirant des mots de l'écrivain portugais Fernando Pessoa (6), une « démocratie de l'intranquillité ».

Note(s) :

(1) Ce nouveau type de groupement de communes vient s'ajouter aux trois types de communautés (urbaines, d'agglomération, de communes) déjà existants. En théorie, les métropoles sont dotées de compétences supplémentaires sur leur territoire, qu'elles prennent pour l'essentiel aux départements (action sociale, routes départementales) et aux régions (promotion touristique).
(2) Communiqué de presse du Front national, 4 mars 2012.
(3) Chiffres établis d'après le « Répertoire national des élus ». Le secrétaire national du parti, M. Steeve Briois, en revendique cent soixante-dix.
(4) Lire Rémi Lefebvre, « Faire de la politique ou vivre de la politique ? », Le Monde diplomatique, octobre 2009.
(5) A l'exception des lois-cadres sur la décentralisation de 1982, qui, néanmoins, renvoient à une loi ultérieure sur l'intercommunalité.
(6) Fernando Pessoa, Le Livre de l'intranquillité, Christian Bourgois, Paris, 2011.

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Frédéric Cuvillier


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Frédéric Cuvillier adepte du « fast food » ou de la politique du « prêt à manger »

Non ceci n’est (hélas) pas l’annonce de l’arrivée d’une franchise de restauration américaine en centre-ville pouvant redonner une impulsion à notre commerce moribond, mais fait référence aux propos tenus par les socialistes boulonnais dans La Voix du Nord du 10 courant.

Frédéric Cuvillier fera une campagne express.

Je cite : « Frédéric Cuvillier sait qu’une campagne éclair lui a toujours réussi, alors pourquoi changé (sic) de tactique ? » selon ce que rapportent des proches. La coquille est offerte dans le menu.

Comprenez que notre conseiller municipal, accessoirement ministre, veut faire du rapide pour éviter le plus possible la vindicte des Boulonnais !

Comprenez que Frédéric Cuvillier veut éviter le plus possible les débats, et donc les préoccupations de ses concitoyens. Une honte !

Comprenez que Frédéric Cuvillier va tenter de nous faire avaler du n’importe quoi à travers des projets mirifiques sans avoir réfléchi aux conséquences !

Comprenez que la campagne de Frédéric Cuvillier est déjà prête, probablement préparée « en cuisine » par des agences de communications parisiennes… Qui n’ont jamais vu notre ville !

Quant à cette « réussite » on voit très bien ce que cela donne comme résultats dans notre ville depuis 2008 : Dalton morne centre…

Ainsi, la stratégie de Frédéric Cuvillier se résume en quelques mots : « peu importe la qualité du projet, les Boulonnais ont acheté, très cher, le précédent projet ; les Boulonnais paieront, encore plus cher, le prochain projet. »

 Cela s’appelle la politique « fast food » : la photo est très jolie, elle est faite à Paris, l'extérieur est passable et l'intérieur indigeste. " Mec, faut pas rêver, tu t'attendais à quoi, à un vrai repas ?

Avant de repartir pour 6 ans d’indigestion, rappelez-vous, on a toujours le choix I

 

Le groupe NEB.

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Réformes scolaires : Arrêtons de prendre nos enfants pour des cobayes !

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Communiqué de Claude Doussiet suite aux vindictes de M. Étienne

« Face à des faits têtus qui semblent donc les accabler, les socialistes boulonnais, plutôt que d'apporter des réponses qui pourraient intéresser ceux qui n'ont pas encore bénéficié du premier programme national de rénovation urbaine, s'en prennent aux personnes en ressortant un entrefilet du Canard Enchaîné dont ils détournent de façon diffamatoire le contenu. Je demande aux médias "boulonnais" de publier l'intégralité de cet "entre filets" du Canard Enchaîné, en l'accompagnant du présent communiqué. Les lecteurs constateront eux-mêmes que si le Canard Enchaîné avait eu vent de quelque chose, c'était bien de mon inquiétude à propos de la lenteur avec laquelle l'argent dont nous dispositions à l'ANRU, arrivait dans les caisses des collectivités locales et des bailleurs sociaux. Cela du fait de tracasseries administratives introduites par les fonctionnaires de Bercy, contraires à la volonté de Jean-Louis Borloo de "faire simple. Je conseille à M. Étienne d'aller voir, avant d'alléguer n'importe quoi, les milliards que l'ANRU a distribués depuis 2007 à Boulogne-sur-Mer, à Roubaix, à Dunkerque, à Lille... mais aussi notamment à Dijon, à Nantes, à Cherbourg, à Lyon, à Grenoble. Pour une Agence que le PS dit "en faillite" ce n'est pas mal non ? »

Claude_Doussiet

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Sur les propos de Jean-Claude Étienne dans la presse : décryptage du malaise socialiste

Ce n'est pas la paternité de l'ANRU qui est en jeu, c'est la défaillance des politiques de la ville des gouvernements de Gauche. Qu'ont-ils fait sous Lionel Jospin à part préparer les émeutes de 2005 ? Que font-ils depuis mai 2012 ? Ils ont commandé des rapports et réfléchissent à des critères ! Qui connaît l'actuel ministre de la ville ? Quand il y a des problèmes dans des quartiers, on ne voit que Manuel Valls ! Ce qui se fera encore sur la ZUS dans les années à venir, c'est encore et uniquement au titre de la convention ANRU !

À partir de 2004, avec l'ANRU, lorsque la ville met 1 euro, l'État a mis 3 euros . Était-ce le cas sous le Gouvernement Jospin ? Combien de crédits déversés sur le GPV par le Gouvernement Jospin sur la ZUS ? Combien de crédits déversés par l'ANRU ?

Ce qui intéresse les habitants de ces quartiers, c'est bien le résultat. Et à Transition, les habitants ne s'y trompent pas. Les seules lacunes constatées par Claude Doussiet ne sont que locales : mauvaise politique de relogement, pas d'introduction d'une mixité sociale, aucune complémentarité recherchée entres politiques en faveur de l'habitat social et sur la politique en faveur de l'habitat privé, un accompagnement social insuffisant, aucune réactivité suscité pour leur bailleur social à la vue de l'état de l'Aiglon et du reste !

Je demande à Jean-Claude Étienne et à notre majorité de répondre à cette question :

Que prévoit DE PRÉCIS votre Gouvernement en relais du Programme National de Rénovation Urbaine de Jean-Louis Borloo pour remédier à l'état déplorable des logements dans le reste de la ZUS ? C'est le moment de le garantir aux habitants comme cela a été fait aux habitants de Transition au travers du programme ANRU !

Il est des Ministres qui ne font que des passages éphémères, alors que certains restent bien inutilement en place ! N'est pas Jean-Louis Borloo qui veut !

Les socialistes de Boulogne-sur-Mer montrent, au travers de ce communiqué publié dans La Voix du Nord du lundi 11 novembre 2013, leur bien petite hauteur de vue. Il faut leur conseiller d'aller voir ce que pensent de l'action de Jean-Louis Borloo à la R.U. et au logement des personnes tels que, Michel Delebarre, Martine Aubry, François Rebsamen, Gérard Collomb ou encore René Vandierendonck à Roubaix, et Jean-Marc Ayrault à Nantes...

 

Claude Doussiet , ancien Directeur de l'ANRU, et Richard Honvault, Conseiller Municipal de Boulogne-sur-Mer

 

article VDN JC Etienne du 11112013

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En direct de l'Assemblée Nationale : Hervé Morin, un député soucieux de la fillière pêche

Hervé_MorinSuite au travail de Richard Honvault et de son équipe, couplé aux requêtes déposées à Hervé Morin lors de sa visite des installations à Capécure le 31 mai dernier, le député de l'Eure a posé deux nouvelles questions parlementaires, en direction de Frédéric Cuvillier, qui éveillent l'attention et font avancer le débat et l'action de manière concrète. Cette intervention démontre qu'un maire efficace a plus que besoin de soutiens nationaux pour relever Boulogne-sur-Mer de son marasme.

Publiées au J.O. le 1er octobre, vous pouvez télécharger ces questions au format PDF en cliquant sur les liens suivants :

Tracabilit__filliere

Organisation_FEAMP   

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Richard Honvault : « Nous sommes l’unique opposition avec un bilan ! »

Depuis quelques mois, plusieurs personnes inconnues du grand public et du monde politique se targuent d’être la réelle opposition au pouvoir socialiste à Boulogne-sur-Mer ? Quel est ton avis ?

 

Pour se prétendre être de l’opposition municipale il faut siéger au conseil municipal durant tout le mandat que vous ont confié les électeurs. Par conséquent, prétendre créer une vraie opposition, en sachant qu’on quittera Boulogne-sur-Mer en 2014,  c’est tromper l’électeur. Actuellement l’unique groupe d'opposition municipale est composé de Brigitte de Clercq, d’Alain Vadet et de moi-même. Je préside ce groupe et n'hésitons pas à voter contre les projets socialistes.

Annick Valla est la seule élue de sa liste et son concubin était un salarié de la mairie de Boulogne, ce qui lui ôte un peu de crédibilité. De plus, Annick Valla vote rarement contre les socialistes.

 Grégory Suslamare soutien plutôt la majorité socialiste et cherche une place auprès du P.S. comme nous pouvons le lire dans la presse. À ma connaissance Grégory Suslamare n'a jamais voté contre les socialistes.

 

À la lecture de la presse locale, on a l’impression qu’il y a 26 000 électeurs mécontents à Boulogne-sur-Mer et du coup 26 000 opposants déclarés contre le pouvoir en place. Toi qui es très attaché à la démocratie, ne penses-tu pas qu’en fin de compte chaque citoyen a le droit d’être la voix d’une forme d’opposition ?

 

Si il y a tant de mécontents il faut que cela se voit dans les urnes, pas dans les médias. Le réel enjeu c’est d’aller mettre un bulletin différent du vote P.S. le 9 mars prochain.

 

Quelques mots sur ton bilan en tant qu’élu d’opposition ?

 

Mon action va des aides à la personne, d’interventions sociales, de conseil dans les démarches administratives, à l’analyse. Nous avons, dès 2008, proposé un périmètre de sauvegarde du commerce dans le cadre d’une motion : nous n’avons pas été écouté pour finalement nous donner raison 4 ans après.

Nous avons alerté sur les emprunts toxiques, nous sommes intervenus pour lutter contre les logements insalubres et la division des immeubles. Ajoutons aussi qu’être dans l’opposition c’est aussi un travail de représentation en étant présent lors des manifestations et lorsque celles-ci nous sont ouvertes.

J’ai aussi un groupe de travail et des collaborateurs qui ont perduré tout au long des 6 ans, qui ont pris de l’ampleur à travers Nouvelle Energie pour Boulogne et qui ont été présents aux différentes élections tel que sur la liste centriste et UMP conduite par Valérie Létard aux dernières élections régionales 2010 ; présents pour assurer la tenue des bureaux de vote aux  régionales, aux cantonales en 2011 et au dépouillement des Présidentielles en 2012, sans que personne nous ait demandé quoi que ce soit. Nous sommes aussi élus dans des instances départementales et nationales des partis. Être dans l’opposition c’est aussi être le chef d’un groupe qui apporte des valeurs et un projet pour sa ville et sa région, là-dessus nous en avons fait la démonstration.

 

Et les limites dans ton rôle d'opposant  et de ton pouvoir ?

 

Le travail d’élu d’opposition reste ingrat. Il ne faut pas non plus oublier qu’au regard du droit, l’élu d’opposition n’a aucun pouvoir, sauf d'accès aux informations. L’intérêt de notre rôle est donc d’avoir les données nécessaires lors des conseils municipaux et de pouvoir "surveiller"  le pouvoir en place.

Cette surveillance reste modeste, car la représentation n'est pas proportionnelle aux résultats. En effet, seuls 10 sièges sur 43 sont ouverts à l’opposition. La liste N.E.B. que je conduisais en 2008 en a obtenu 3, ce qui n'est pas assez. Par exemple, faute d’un 4ème siège, nous n’avons pas accès à la commission d’appel d’offre qui attribue l’ensemble des marchés public de la ville. Par conséquent la municipalité de gauche décide seule et dans la confidentialité l’ensemble des marchés publics sans contrôle.

 

Quid des prochaines élections municipales et du rôle de l'U.M.P. ?

 

Aux municipales de 2008 le parachutage d’Annick Valla, venue de Neufchâtel-Hardelot, a froissé l’électorat U.M.P. qui ne s'est pas reconnue dans cette candidate. Ce même électorat U.M.P. nous a reproché de ne pas avoir fait de liste commune avec Annick Valla, sous-entendu : vous auriez dû vous ranger derrière Annick Valla.

Au bout du compte, l'électorat U.M.P. s'est massivement abstenu, ce qui a eu 3 conséquences:

1/ Un soutien massif à Frédéric Cuvillier.

2/ Une large défaite pour l'U.M.P. et Annick Valla.

3/ Un candidat centriste leader de l'opposition municipale.

Fort de cette expérience que je viens de décrire, j'invite les candidats U.M.P. à réfléchir et à ne venir dans l'arène politique de Boulogne-sur-Mer, non pas pour casser du Honvault, mais pour défendre un projet et les valeurs de leur parti.  Je les invite surtout à s'investir dans la durée, et non à faire un coup politique.

Fort de cette expérience que je viens de décrire, je rappelle aux candidats U.M.P., que sans une équipe de 42 personnes, ils ne sont rien.

Fort de cette expérience que je viens de décrire,  je demande aux électeurs U.M.P. de bien réfléchir, et surtout  voter massivement au premier tour pour le candidat qui leur semblera le plus à même de contrer le pouvoir socialiste. Ce candidat peut être U.M.P. ou Centriste, cela n'a pas d'importance, c'est le vote qui est important. Et je peux ajouter une petite note  personnelle, je préférerai que ce soit le candidat centriste.

Richard_Honvault_Rassembleur

L'avenir est en marche !

Nous y sommes, la campagne pour les élections municipales est bien en route ! Elle avait commencée avec la déclaration de candidature officielle de Richard Honvault le 30 mai dernier en présence d’Hervé Morin, président du Nouveau Centre, et elle continue avec force.

Le comité exécutif de l’U.D.I., au cours de sa réunion du 25 juin 2013, a officialisé l’investiture du parti en faveur de Richard Honvault pour les élections de mars prochain. Dès à présent, et avec son équipe, le chef de file de l’opposition boulonnaise peut compter sur l’appui officiel de tous les partis fondateurs et membres de l'U.D.I. : Nouveau Centre, Parti Radical, Gauche Moderne, C.N.I., Alliance Centriste et les adhérents MoDem ayant rejoint l’UDI.

Il a également le soutien plein et entier d’Hervé Morin, qui préside le comité de soutien de la liste NEB, et de Jean-Louis Borloo, président de l’UDI et ancien maire de Valenciennes, bien connu pour avoir métamorphoser cette ville et lui avoir rendu son dynamisme. Ce qui a été fait à Valenciennes, Richard Honvault et son équipe comptent bien faire de même à Boulogne-sur-Mer.

Cette investiture est la consécration d'un engagement de plusieurs années et un signe de reconnaissance de la qualité du travail accompli par toute l’équipe de Nouvelle Energie pour Boulogne. Elle peut en être fière.

Cette campagne prend physiquement forme dans Boulogne-sur-Mer : rencontre dans les quartiers avec les habitants, distributions de tracts, lancement de la campagne d’affichage.  Ainsi, les affiches Richard Honvault, votre maire en 2014, commencent à fleurir dans les rues de la ville. L’enthousiasme est là ; l’avenir et la renaissance de Boulogne-sur-Mer s’affiche désormais dans ses rues !

 

campagne d'affichage richard honvault

lettre d'investiture UDI Nouveau Centre

 

 

lettre investiture UDI